Sur la loi « sécurité globale »

La proposition de loi « sécurité globale » nous force à remettre en question nos modes d’action, de mobilisation, la façon d’informer et également nos usages des médias sociaux.

En effet, si la viralité des vidéos de violences policières sur les réseaux sociaux ont permis d’imposer cette question de société dans l’agenda politique et médiatique, aujourd’hui, nous avons l’opportunité de questionner notre vision de long terme.

Cherche-t-on à préserver nos pratiques (dont l’usage compulsif des médias sociaux, néfaste pour plein de raisons qu’on ne détaillera pas ici) pour réclamer justice une fois le mal fait, ou dissuader les recours de plus en plus fréquents à la violence, voir faire disparaître la notion de violence légitime ?

Parce que si on fait un état des lieux ici, on a :

➡le droit de filmer qui existe encore en théorie (malgré l’article de la proposition de loi en cours de discussion), mais qui, dans les faits, est déjà bien souvent bafoué par des agents de police qui nous empêchent de le faire (arrestations, confiscations de matériel, intimidations) en toute impunité (et parfois en toute ignorance de la loi). Le risque, si cette loi passe, ce n’est pas « l’interdiction de filmer » comme on peut le lire partout (puisqu’il s’agit d’une interdiction de diffuser sauf pour les journalistes accrédités _on sait lesquels, adieu le journalisme indépendant_), mais bien que le sentiment d’impunité se renforce parmi la corporation de la police.

➡Des crimes policiers, et des violences policières qui ne sont pris au sérieux QUE quand des vidéos extrêmement glauques circulent sur les réseaux sociaux, ce qui normalise et intègre dans l’inconscient collectif l’affichage éhonté de la violence pour arriver à ses fins (aussi louables soient-elles). L’autre conséquence, c’est l’invisibilisation des victimes qui souffrent/meurent en-dehors du champ de vision de la caméra d’un passant, et l’individualisation/la personnalisation de la lutte contre les violences policières, ce qui fait passer ces crimes et violences pour des « abus », des « dérapages », ou encore des « bavures », alors qu’il s’agit d’un problème social et profondément politique.

Ce qui me laisse penser qu’il est urgent de penser des modes d’action plus efficients que la viralité sur les médias sociaux (qui nous expose plus qu’autre chose), pour enfin construire un vrai contre-pouvoir collectif.

3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. La Nébuleuse dit :

    On a eu pas mal de discussions là dessus récemment sur insta, perso j’en peux vraiment plus du partage viral d’images ultra violentes alors qu’on voit bien depuis des années que ça ne « réveille » personne en soi, surtout quand les images ont déjà beaucoup tourné… @missaandria a fait des posts intéressantes sur la question de l’usages des réseaux sociaux aussi, elle va bientôt les publier sur un blog version article

    1. Merci pour ton commentaire et pour la référence ! Pour moi il y a vraiment une question centrale sur l’usage des médias sociaux. J’irai voir le compte instagram dont tu parles.

  2. Bemorethex dit :

    En outre la tentative de légiférer sur la diffusion d’images de policiers, cette situation démontre bien qu’il y a un souci avec la liberté affichée des médias sociaux face aux médias mainstream.

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