Pourquoi il est intéressant d’investir les luttes de femmes en tant que militante antiraciste

En tant que militante antiraciste, on se retrouve fréquemment confrontée à ce dilemme : se sacrifier pour se donner entièrement à la cause antiraciste, ou s’investir dans le féminisme intersectionnel/décolonial, quitte à se trouver dans un inconfort permanent, parce que nos luttes spécifiques risquent d’être instrumentalisées de manière raciste. Pourtant, il existe une troisième voie, celle qui consiste à créer des liens de solidarités réciproques. Ceci passe par un recentrement vers soi, et voici pourquoi.

➡️Faire passer ses intérêts en priorité permet d’avoir la disponibilité mentale nécessaire pour aider les autres, et ne pas leur laisser uniquement les « miettes » de notre énergie. Le racisme étant genré, celui qui vise les hommes est donc spécifique. Si les hommes non-blancs peuvent (et doivent !) être nos complices dans les luttes de femmes, nous pouvons (et nous devons !) être les leurs pour faire front face à la suprématie blanche et au patriarcat.

➡️Bien souvent, les femmes non-blanches sont les porte-parole de la lutte contre les violences policières racistes, quand bien même les principaux concernés sont les hommes non-blancs. Le risque de cette situation, c’est de confisquer une parole et de compromettre une indépendance idéologique sur cette question spécifique. En effet, se concentrer sur les questions qui nous concernent en priorité permet de lâcher prise sur celles qui nous concernent indirectement, et laisser la place à ceux qui les maîtrisent le mieux.

➡️Eviter de tomber dans le rôle colonial de la femme non-blanche « tutrice » de ses frères de luttes qui ne seraient pas assez disciplinés, selon les stéréotypes négrophobes et orientalistes. Car c’est inexorablement le rôle qu’on incarne lorsqu’on délaisse les luttes de femmes au nom d’une défense sans limite de ses frères.

➡️Se « sacrifier » de plein gré ne doit jamais être un totem d’immunité contre les comportements et agissements problématiques. Or, la notion de sacrifice implique forcément des attentes et projections, qui deviennent rapidement des excuses pour justifier des approches parfois paternalistes.

➡️En se concentrant sur ses intérêts, on accepte aussi l’autonomie des hommes non-blancs sur la question des masculinités indigènes

➡️Donner l’opportunité de créer des liens solides de complicité entre luttes de femmes non-blanches et question spécifique des masculinités indigènes.

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