Comment le consentement est piétiné ou contourné : exemples concrets

Depuis le mouvement #MeToo, beaucoup font le lien – à juste titre – entre la question du consentement et celle du viol et des agressions sexuelles ; bien que ce mot ne soit pas présent dans la définition du viol du Code Pénal français. Ainsi, cette ambiguïté au niveau légal rend difficile la prise de conscience de l’existence de la culture du viol et la définition des limites nécessaires à poser pour qu’enfin le consentement sexuel soit respecté. En effet, c’est de cette manière que des suspects de viol peuvent être relaxés, comme Gérald Darmanin, qui pour se défendre, a prétendu ignorer que la plaignante n’était pas consentante. Je vais donc ici présenter une liste non-exhaustive d’exemples de la vie quotidienne où le consentement n’est pas respecté ou contourné.

DISCLAIMER : je vais supposer ici que les personnes dont le consentement n’est pas respecté sont des femmes ou assignées comme telles, car socialement, ce sont les femmes qui sont majoritairement victimes de viols et agressions sexuelles. Le cas particulier des viols et attouchements sur les enfants est légèrement différent, même s’il relève lui aussi de la question du consentement, je choisis donc ne pas en parler dans ce texte.

  • Lorsque l’on exerce une pression quelconque sur sa partenaire pour obtenir des relations sexuelles

Ceci peut se traduire par du chantage affectif (« si tu refuses, je te quitte » « j’irai voir ailleurs »), de la manipulation (« tu ne m’aimes pas assez ») et tout ce qui vise à faire culpabiliser sa partenaire.

  • Lorsque l’on profite de l’attirance et des sentiments de sa partenaire qui ne sont pas forcément réciproques pour obtenir des relations sexuelles

Comme lorsque des hommes prétendent avoir des sentiments pour une femme alors que ces derniers sont faux ou font miroiter un engagement qui n’existe pas (promesse de mariage, d’exclusivité alors qu’ils savent d’emblée qu’ils n’iront pas jusqu’au bout)

  • Lorsque l’on met en danger sa partenaire pour son propre confort et pour son propre plaisir

Comme le refus de certains hommes d’avoir des rapports protégés ou de se faire dépister, lorsqu’on sait que les femmes sont plus vulnérables que les hommes en termes de contamination et transmission d’IST.

  • Lorsque l’on réclame des relations intimes à une femme à plusieurs reprises, et ce pendant des mois, des années, jusqu’à ce qu’elle cède

Le consentement obtenu « à l’usure » n’est pas du consentement.

  • Lorsque l’on propose des relations intimes à une femme que l’on connaît de longue date alors qu’elle n’a jamais manifesté le moindre signe d’attirance

Si une femme n’a pas changé d’avis sur ce sujet, et surtout ne l’a pas fait savoir, c’est que c’est toujours non.

  • Lorsque l’on profite d’une situation où une femme est vulnérable (grossesse, choc psychologique, précarité mentale, affective ou financière, maladie physique ou mentale, handicap etc.) pour lui proposer des relations sexuelles alors qu’elle n’a pas exprimé cette envie

Car ce contexte est propice aux situations d’emprise et de domination malsaine, où il ne peut y avoir de consentement libre et éclairé.

  • Lorsqu’on utilise des techniques de manipulation pour obtenir le consentement des femmes parce qu’on en n’est pas sûr, ou qu’on cherche à transformer un refus par tous les moyens possibles

Comme le font la majorité des « coachs en séduction » qui prennent le prétexte du « développement personnel » pour mettre en avant une forme de fragilité masculine, où les hommes seraient soi-disant discriminés sur le marché amoureux/sexuel

Cette liste est bien entendu non-exhaustive, et tous ces exemples sont bien sûr à contextualiser. Néanmoins, il me semble important de rajouter que des situations où le consentement est contourné peuvent être tout aussi dangereuses que les situations où il est carrément piétiné sans ménagement. Car dans les deux cas, il y aura des séquelles psychologiques chez les femmes victimes qui se traduiront par des problématiques au niveau de leur relation avec leur corps (troubles du comportement alimentaire et/ou sexuel principalement) et/ou dans leur relation avec les autres (rupture de liens sociaux, perturbations de leur vie de famille ou de leur vie conjugale etc.).

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Angelilie dit :

    J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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