Les pérégrinations d’une chômeuse chronique

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25 ans. La fleur de l’âge. Un diplôme d’ingénieur en poche, des amis à gogo, une vie trépidante, une famille aisée, aimante et cultivée. Manque plus que le job qui va avec.

Sauf que voilà, je souffre d’une maladie très courante chez la « génération Y » : le chômage, corollaire du virus de la précarité qui nous envahit.

Maladie qui semble incurable même si plusieurs lueurs d’espoir viennent parsemer notre route vers le Saint-Graal : le CDI [Hors période d’essai].

D’abord on erre, on traîne sur les jobs boards, puis on s’enivre des offres inadaptées de Pôle emploi. Jusqu’à avoir la gueule de bois et en arriver à être dégoûté de sa propre personne.

Petit à petit, grâce à l’aide des réseaux sociaux, on se rend visible, rendant notre destin professionnel entre les mains de milliers d’inconnus, plus ou moins utiles, plus ou moins honnêtes, plus ou moins malveillants mais qui nous rendent toujours plus dépendants. Et cette visibilité nous permet d’être remarqués par les chasseurs de têtes, ces chevaliers du recrutement qui brillent dans la pénombre du désespoir, qui nous convoquent à leur processus de sélection digne des plus grandes sociétés secrètes, où on ne sait jamais à quelle sauce on sera dévoré [ou dégusté, selon les cas]. Puis qui nous éjectent sans aucun état d’âme au nom d’un quelconque prétexte farfelu.

Première lueur d’espoir qui s’envole en fumée.

Alors on cherche d’autres solutions. Parmi celles existantes, on trouve celle du salon/forum de l’emploi. Le principe est simple, on privatise un hangar d’une superficie digne d’un élevage de volaille en batterie, afin que les dindons se transforment eux-même en chair à pâté une fois leur tour arrivé. Trois phrases maximum pour balancer ses tripes sur la table et montrer qu’on en a et surtout, qu’on en veut. Le speed-dating du recrutement. Le concours du plus beau sourire Colgate, de la meilleure punchline et de la petite-phrase-en-plus afin de décrocher une carte de visite. On ne vient plus pour collaborer avec d’autres humains, mais pour se donner corps et âme contre un pseudo-sentiment d’appartenance.

Mais la pire des situations reste encore de tomber sur une contrefaçon de CDI. Car évidemment, vous êtes obligés de signer bien que vous ne sachiez pas dans quoi vous vous embarquez. En effet, vous croyez échapper au virus de la précarité alors qu’en réalité, il vous guette tel une épée de Damoclès invisible au-dessus de vos têtes.

Virus sournois qui se diffuse lentement dans votre système via un canal appelé « période d’essai » et que vous ne pouvez combattre par peur du harcèlement et/ou des représailles. Or vous n’échapperez ni à l’un, ni à l’autre. Car dans tous les cas vous paierez l’amende étant donné que votre confiance en vous sera réduite à néant, et lorsqu’on vous aura une nouvelle fois éjectés de l’emploi, cette conséquence aura la sale habitude de réduire chaque jour un peu plus vos lueurs d’espoir de retrouver votre trophée tant désiré.

Enfin, vous perdrez votre trophée, ou devrais-je dire, votre semblant de stabilité. Mais pas seulement. Vous perdrez aussi l’estime de vous. Puis celle de vos proches, car vous aurez ruiné vos relations.

Voilà les symptômes de la maladie que l’on appelle communément « chômage », mal qui vous ronge en vous laissant au pied du mur de la société, tel un déchet abandonné.

3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Nyantho dit :

    Ne perd pas confiance en toi, beaucoup de gens t’aiment, te respectent, t’ admirent…
    À commencer par moi! ❤

  2. Rivage Lointain dit :

    Fort, très fort. Et sacrément bien écrit. Courage.

  3. diazraphael dit :

    Commence par savoir bien qu’elle métier tu veux : quel secteur, quel domaine ensuite postule sur les grands sites de recrutement : monster et tout les grands.
    Après revoit tout les plus petits spécialisés en fonction des secteurs comme par exemple le conseil le naval l aeronautique etc ont tous leur propre site de recrutement dédiés. Les grandes compagnies ont également un site de recrutement. Apres tu as toutes les petites boites que tu peux directement appelé ou envoyé au dirigeant de la société en retrouvant son mail par les réseaux sociaux. Tu peux en dernier recours appeler et postuler sur les sites de conseils comme Altran Alten Aka technologies pour ne citer que les plus grands qui recrutent assez facilement.
    Courage n’hésite pas à m’appeler si tu veux plus d’infos

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